Théâtre, radio et télé : Une scène de ménage à trois

Fildak–Théâtre, radio et télé : Une scène de ménage à trois


Sur scène, le comédien est en chair et en os, avec le théâtre radiodiffusé, il s’efface avec le décor et le public. Pour le dramaturge Marouba Fall, ‘le théâtre joué à la radio permet de restituer au texte toute sa dimension et le message de l’auteur passe mieux’. Pour cet auteur, dont plusieurs œuvres ont été adaptées, l’audiovisuel résout à la fois le problème de langue et de diffusion internationale. ‘Car, nous autres écrivains, dit-il, souhaiterions avoir le plus grand public, mais ce n’est pas le cas’. La relation entre théâtre et médias a fait l’objet d’un débat entre professionnels du quatrième art et de l’audiovisuel, jeudi à la foire du livre. Cette jonction est souhaitée dans les deux camps. ‘Cependant, prévient M Fall, avant de quitter la scène pour le studio, il y a des aménagements à faire dans le décor, les éléments para-verbaux etc ’. Il y voit toutefois, notamment avec la radio, les conditions d’un retour à l’oralité qui colle plus à la tradition africaine.

‘Ecran, scène et micro ne font pas toujours bon ménage, précise le Pr Ousmane Diakhaté, directeur du Théâtre national Daniel Sorano. Car chaque élément exige des conditions artistiques et techniques différentes’. Pour Diakhaté, le premier problème qui se pose dans la captation, c’est l’attention du public. ‘Avec le théâtre vivant, explique-t-il, le spectateur peut poser son regard sur n’importe quel aspect de la scène, alors qu’avec la télé, la caméra dirige son regard et lui impose un angle de vue ’. Même si la télé a réussi à domestiquer le théâtre, il demeure donc entier l’antagonisme entre la surface de l’écran et la scène, qui induit une trahison, une mise à mort de la représentation, déplore le prof de Lettres. Il pose la question du public, considéré comme le ‘quatrième acteur’, puisque c’est devant lui que s’achève l’œuvre. ‘La captation supprime cette co-présence (acteur-public) qui fait la magie du théâtre vivant’, regrette-t-il.

Mais, pour le boss de Sorano, la télévision étant devenue incontournable, il faut procéder à un travail de recréation pour que le théâtre ne soit pas sacrifié sur l’autel du petit écran ou des ondes. Pour cela, le premier garanti à pendre, c’est la qualité du texte. Le dramaturge Omar Ndao déplore que le théâtre dit télévisé marche à l’improvisation, sans support écrit. Ceci est en partie, pour lui, le résultat d’un manque de professionnalisme et de formation sérieuse dans le milieu du quatrième art sénégalais.

Abdou Rahmane MBENGUE http://www.walf.sn/culture/suite.php?rub=5&id_art=42730

Commentaires (1)

1. name (site web) 14/08/2010

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