THEATRE - Générale presse de De la Bible au fusil : Marouba Fall revisite l'esclavage

         Edition du Samedi 28 juillet 2007
 
THEATRE - Générale presse de De la Bible au fusil : Marouba Fall revisite l'esclavage

C'est en présence du directeur général du Théâtre national Daniel Sorano, Ousmane Diakhaté, de l'auteur et des journalistes que la pièce de théâtre De la Bible au fusil de Marouba Fall a été présentée ce jeudi dernier au Théâtre Sorano. Une prestation impeccable qui a séduit plus d'un.

La pièce de théâtre De la Bible au fusil de Marouba Fall, a été présentée, jeudi dernier, au Théâtre national Daniel Sorano. C'est en prélude à la clôture de la saison culturelle 2007 que cette pièce de théâtre, mise en scène par Alpha Omar Wane, a fait l'objet d'une générale presse, en présence des responsables de la communauté éducative et artistique, afin que des correctifs y soient apportés avant sa présentation à un large public. Et, c'est sous des yeux très attentifs de l'auteur que cette pièce, qui fait couler déjà beaucoup de salive, a été savamment interprétée par les éléments du ballet La Linguère, en sus de la participation de certains hommes et femmes du théâtre sénégalais.

De la Bible au fusil de Marouba Fall est une pièce axée sur une révolte d'esclaves. Le texte de cette pièce invite le public à un retour un passé douloureux, ce, d'autant plus que la scène amène les spectateurs à revivre la traite négrière, notamment le triste sort des nègres durant cette époque esclavagistes. Et, c'est Ismaïla Cissé, qui dans son rôle de Den le prophète libérateur, conduit ses frères de couleur dans une révolte qui finit par le conduire en prison avant de lui coûter la vie. En réalité, l'auteur dans la trame du récit renseigne sur les conditions de vie difficiles, mais au-delà sur le statut des Africains-Américains dans les anciens comptoirs d'esclavage. Une manière pour lui de remettre sur le tapis le problème, toujours actuel, de la théologie de la libération.

«L'Afrique ne peut pas et ne doit pas refuser de regarder en arrière», déclare Marouba Fall en marge de cette générale presse. Puis, poursuivant sa réflexion, il affirme : «C'est pour cette raison que des hommes de grande envergure ont toujours invité les Africains à réfléchir sur leur devenir à partir de leur passé.» Dans le lot, il cite le défunt historien Joseph Ki-Zerbo, auteur de l'ouvrage «A quand l'Afrique» de Djibril Tamsir Niane, selon qui  «le monde est vieux, mais l'avenir sort du passé» et aussi le Président Wade qui, à partir de ses actes et faits, ne cesse de réconcilier l'Afrique d'avec son passé. Marouba Fall, par ailleurs auteur des pièces théâtrales «Adja la militante du Gras» et «Chaka», précédemment jouées à Sorano, indique que sa dernière production est une invitation à revisiter, d'une manière plus ou moins voilée, le processus ayant engendré l'indépendance des pays africains. Surtout que dans cette pièce théâtrale écrite depuis 2007, il est question de révolte des noirs qui voulaient obtenir à tout prix la liberté.

Poète, dramaturge et romancier de renom, Marouba Fall occupe une place importante dans la littérature francophone contemporaine. Sa pièce De la Bible au fusil qui sera certainement jouée au mois d'octobre prochain à Sorano, a déjà reçu le deuxième prix des douze meilleurs pièces théâtrales de l'Afrique francophone. Actuellement, ce dramaturge, grâce à sa notoriété, œuvre à l'installation de la culture au cœur de l'école sénégalaise.


                                                                                                                                    Gilles Arsène TCHEDJI

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