FORUM LITTERAIRE : « Betty Allen... », pistes de lecture de la diversité culturelle



FORUM LITTERAIRE : « Betty Allen... », pistes de lecture de la diversité culturelle
 

Le dernier roman de Marouba Fall intitulé « Betty Allen ou la liberté en question » était le sujet d’un forum littéraire, la semaine dernière à l’Institut culturel Léopold Sédar Senghor. Traitant de la différence de conception de la liberté entre l’Occident et l’Afrique, « Betty Allen... » est le récit choisi par l’auteur pour parler du thème majeur de la diversité culturelle, principalement de ce que l’Afrique peut apporter au reste du monde.

 

Diversement définie, la liberté s’apprécie aussi différemment selon les cultures, les aires géographiques mais aussi entre l’Occident et le reste du monde. Thème habituellement philosophique, le concept de la liberté constitue la source d’inspiration de certains écrivains comme le Sénégalais Marouba Fall.

 

« Betty Allen ou la liberté en question », le nouveau roman de l’écrivain, paru aux Nouvelles éditions africaines (Nea) a fait l’objet, la semaine dernière d’un forum littéraire à l’Institut culturel Léopold Sédar Senghor. Cette rencontre a permis un échange fructueux entre l’auteur, des professeurs de Lettres, étudiants, mais aussi des poètes de renom comme Amadou Lamine Sall et Mamadou Mbaye, une personne qui se définit comme « le poète de l’amour succulent ».

 

S’appuyant sur les écrits de Paul Valéry et divers auteurs, Andrée Marie Diagne s’est livré à une lecture critique du roman de Marouba Fall. Empruntant la célèbre phrase de l’auteur dans laquelle il dit : « La Marquise sortit à cinq heures... », Andrée Marie Diagne informe que c’est avec cette phrase que Valéry a livré le secret sur le début des romans en général.

 

L’auteur qui, dans un premier temps, avait pris l’option de ne pas écrire de roman parce que le jugeant arbitraire finit par dire : « Mes vers ont le sens qu’on leur prête ». Ce qui donna la liberté à d’autres d’interpréter ses poèmes et ses écrits. Ce rappel historique reste pour elle le fondement de la lecture quelconque d’un roman. Et dans le cas de « Betty Allen... », l’enseignante affirme qu’il est tiré des voyages et du vécu personnel de l’auteur, Marouba Fall.

 

La confrontation de deux libertés

 

Tiré d’une histoire passionnée entre une Américaine blanche et un Sénégalais, le roman reste une inspiration de l’auteur au cours de son séjour au Québec, en octobre 2001, trois semaines après les attentats du 11 septembre. De cette histoire née entre les deux amoureux (l’Américaine et le Sénégalais), apparaît une espèce de confrontation de deux libertés.

 

Betty, la femme, essaie d’imposer un « papillonnage de la liberté », tandis que le héros lui oppose une « liberté constructive ». Pour Betty, un homme se comporte comme un héros égoïste dans sa vie amoureuse, tandis qu’elle fait de la liberté sa religion. Une « position absolue », remarque le professeur Andrée Marie Diagne dans sa lecture. Et selon elle, même si dans l’intrigue, le lecteur voyage en compagnie du narrateur, il reste que le roman évolue dans une sorte de flou sur le personnage de Betty. Marouba Fall, lui, a livré au public ce qu’il appelle des « pistes » de lecture et certainement de compréhension de son roman. C’est pourquoi, il précise que dans le cas précis, « nous sommes entre le vrai et le faux ; la réalité et la vraisemblance ».

 

Contrairement à « La Collégienne », où « Je » se nomme Mar Ndiaye, dans « Betty Allen... », il est incarné par l’auteur. La différence s’arrête-elle là ? En tout cas, Marouba Fall considère que la liberté absolue, la liberté imaginaire, telle que conçue en Occident n’est pas la même en Afrique. « Cette liberté, souligne-t-il nous voue à la solitude ».

 

Mais pour l’auteur, le thème principal abordé dans le roman reste la diversité culturelle. Et Marouba de faire cette interrogation : « C’est bien de penser que nous vivons dans un monde où il existe les autoroutes de l’information, mais qu’est-ce que nous Africains nous apportons ? » Dans les rencontres internationales auxquelles il prend part, l’écrivain reste hanté par cette question. Là encore il rejoint Andrée Marie Diagne en évoquant son vécu : « Quand je voyage et chaque fois que je suis en face de la télé dans une chambre d’hôtel, je me rends compte comment nous sommes en reste du monde ». Pessimiste, il tire de sa bouche cette phrase de Soni Labou Tansi : « Le monde aura fini que l’Afrique n’aura pas commencé ».

 

Réagissant sur l’actualité brûlante notamment sur le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar, l’auteur de « Betty Allen... » est d’avis que les intellectuels honnêtes ne sont guère choqués par ce discours qui aura suscité tant de réactions.

 

Romancier, dramaturge et poète, Marouba Fall est lauréat du Prix international de poésie en 1987. Il a obtenu en 1991 le Prix de la Meilleure technique théâtre. Ses œuvres comme « La Collégienne » figurent dans les programmes des lycées et collèges.

 

Ce forum est organisé par la direction du Livre et de la Lecture en partenariat avec le Groupe d’initiatives pour la promotion de la lecture et de l’écriture (Giprolec).

 
Maguette NDONG

 

Source : http://www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=35132

Commentaires (1)

1. name (site web) 18/06/2010

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