Un auteur, une œuvre : « LA COLLEGIENNE »

Un auteur, une œuvre : «  LA  COLLEGIENNE  »


(*). Réponses données  à seize (16) questions écrites envoyées par Elie Charles Moreau, après la proclamation du Grand Prix du Président de la République pour les Lettres, en 1991.
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     1- Ce n’est peut-être pas d’ambiguïté qu’il convient de parler mais simplement de réalisme                                                                                                                                                                                                                                    car il est évident que si je ne fais pas, à proprement parler, une confession, je ne raconte pas non plus, dans mon livre,  un rêve mais des événements que tout un chacun aurait pu vivre.

  
2- Cela dépend de ce qu’on a compris à la lecture du roman. En ce qui me concerne, l’essentiel ne se trouve pas dans les relations amoureuses entre Ouly et son professeur mais à un autre niveau, plus complexe et plus général : l’éducation..

3- Je ne crois pas avoir écrit contre moi. Je me suis, bien entendu, inspiré d’une partie de mon expérience personnelle en tant qu’enseignant pour traiter un thème demeuré tabou pendant longtemps chez nous. Pour être plus claire, je dirait que, bien que le narrateur soit très proche de moi, « je » est vraiment un autre. « La collégienne » est un faux roman autobiographique car dans le fond, il y a un peu de moi et beaucoup des autres.

4- Pas du tout. Je n’ai pas voulu pointer le doigt ni vers des enseignants ni vers des catégories de collégiennes ou lycéennes. Il m’a semblé intéressant de parler ouvertement et objectivement d’un sujet que des personnes extérieures  à l’école abordent superficiellement, condamnant sans appel et criant au scandale sans vraiment se mettre à la place des intéressés.

5- Mon souci n’a pas été de présenter les collégiennes comme des anges ou comme des dévergondées. Mon dessein était de rappeler qu’elles sont des êtres humains avec des personnalités complexes, souvent plus fortes que celles de ceux qu ont la charge de leur  instruction. Il ne suffit plus à l’enseignant d’être compétent, bardé des diplômes pour être à  la hauteur de sa tâche. La vision que les élèves ont de l’enseignant a beaucoup évolué. Celle que les enseignants ont de l’élève doit changer aussi sinon leurs rapports seront dominés par un grave malentendu. Bien avant le fin tragique d’Ouly, Mar a comprit cela. Donc, comme vous le constatez, je ne reproche pas grand-chose aux collégiennes, encore moins aux Sénégalaises. Celles-ci, du reste, ne sont que le reflet de leur époque et de la société au sein de laquelle elles évoluent. Avec le recul, je constate que les personnages féminins de mon roman sont tous victimes des hommes (Abissatou, Ouly et la défunte  mère d’Ouly sans oublier Ada, la sœur du narrateur). Exception faite de Mère Soukaïna ; bien entendu ! Mais cette bonne femme ne joue pas un rôle enviable. Serais-je féministe, comme le disent certains ? Je ne dis pas non.

6- Voilà une question que les lecteurs ne cessent de poser. Vous y avez répondu partiellement. Les relations entre Ouly et Mar ne pouvaient connaître un aboutissement heureux dans la mesure où c’est l’élève qui voulait son professeur et celui-ci ne cessait de se dérober. Mais la véritable explication que j’ai donnée, c’est que j’ai voulu traiter le sujet sans parti pris et laisser au lecteur le soin de trancher. Le mercredi 18 décembre 91, le Club de Littérature, d’Art et de Philosophie (C.L.A.P) du lycée J.F. Kennedy m’a invité à un débat autour des relations élèves - professeurs à la lumière de « La collégienne ». Les question des intervenantes rejoignent la vôtre ; toutes les jeunes filles qui ont pris la parole souhaitaient voir Ouly et Mar se marier.

Je n’ai pas voulu cette fin parce qu’elle serait trop banale et impliquerait une prise de position de ma part. C’est aux autres de reconnaître qu’il n’ y a aucun mal à ce qu’un professeur et une élève qui s’aiment puissent se marier. Pas à l’enseignant que je suis.

7- Il n’est pas facile de définir l’amour. On le vit, un point, c’est tout. Suis-je apte pour l’amour ? je ne sais pas ce vous entendez par cette question. En tout cas, il semble que, par les temps qui courent, il faut beaucoup de patience et d’endurance pour embarquer dans une histoire d’amour. J’en connais même qui se demandent si l’amour existe dans nos sociétés africaines pourries de préjugés, où l’individu obéit rarement à ses sentiments ou à ses croyances profondes, prisonnier qu’il demeure de l’ethnie, de la caste, de la famille.

8- Le monde n’a pas d’état déterminé et définitif. Il prend la couleur du regard de chacun de nous : on y trouve du beau comme du vilain, du bien comme du mal. Ainsi peut-il inspirer une œuvre tout à fait idyllique, propre à noyer le lecteur dans de belles illusions ou bien une œuvre autrement plus réaliste. Tout est question de choix que fait l’écrivain. Moi, je me pose des questions et je voudrais que mes interlocuteurs m’aident à trouver des réponses rassurantes. En d’autres termes, j’ai choisi de mettre en garde, d’éveiller l’attention, de troubler plutôt que de laisser le lecteur dans un confort illusoire pire dans la résignation. Je veux déranger. Une œuvre littéraire n’est pas une carte postale, je veux dire, ce n’est pas avec de bons sentiments qu’on fait de la  bonne littérature. Cependant je peux annoncer la parution prochaine d’un recueil de poèmes et dont on m’a dit beaucoup de bien. Il s’agit de : «  Pépites de terre » qui fera découvrir, j’espère, l’autre facette de ma personnalité, laquelle  n'est pas en contradictoire  avec celle que mon œuvre, jusqu’ici, a montrée.

9- Je dirai tout de suite que je n’écris pas pour le plaisir car je ne suis point un Narcisse  qui se réjouit devant son image couchée en lettres sur le papier. L’écriture est un  chemin qui mène aux autres mieux un carrefour. Il y a des auteurs que j’aime bien mais je crois pouvoir dire que je n’ai pas de père spirituel.

10- Ecrire en français ne me cause aucun problème sinon celui de ne pas communiquer avec mon public immédiat constitué de l’ensemble des Sénégalais. Si j’écrivais en wolof, je  me trouverais dans la même situation car tous les fils de ce pays ne parlent pas cette langue, ne la lisent surtout pas du fait de l’alphabétisation encore hypothétique. Si vous voulez connaître ma position sur la question de la langue littéraire, sachez que je plaide en faveur du bilinguisme : recourir progressivement à nos langues maternelle mais rester fidèle au français qui nous permet de franchir les frontières nationales.

11- Mon récit débute par une formule consacrée au conte : «  Il était une fois… » C’est sans doute ce qui légitime votre question. Cependant dans la rédaction de « La collégienne », je ne crois pas avoir été inspiré par la tradition orale. J’ai voulu simplement rassurer mes collègues d’alors qui craignaient que je raconte une histoire vraie Dans l’avenir peut-être le serai-je car, en ce qui concerne la structure romanesque ainsi que le style, la littérature orale peut contribuer au renouvellement de la littérature moderne écrire en  français.

12- Il est alors temps de me « reconnaître » écrivain. J’ai gagné un Grand Prix International de poésie avec « Dernière Aube d’un Poème » qui figure dans le recueil inédit « Pépites  de terre ». Et « La collégienne », mon premier roman est en train de connaître un succès que mes autres livres n’ont pas connu. Le danger est de vouloir ériger des frontières pour une expression littéraire. Quand on a travaillé pour maîtriser l’esthétique des genres et qu’on a une sensibilité ouverte, on peut passer d’un genre à l’autre, selon le  sujet qu’on se propose de traiter. Je vous annonce que mes prochaines pièces de théâtre sont prêtes depuis bientôt cinq ans. Il s’agit de : «  De la bible au fusil », pièce qui  traite de l’esclavage que j’avais proposée pour une réalisation télévisuelle et qui, depuis le départ de Marcel Ndione de la Direction Générale de l’O.R.T.S, est dans les tiroir ; il s’agit ensuite de «  Aliin Sitooye Jaata ou la dame de kabnus », pièce retenue par le comité de lecture des Nouvelles Editions Africaines du Sénégal et par celui du Théâtre National Daniel Sorano. Sans oublier « Le miroir »

13- Le bonheur n’a rien à avoir ici. Ce que l’écriture aurait dû m’apporter, c’est beaucoup d’argent. Elle ne me l’apporte pas parce qu’ici, le grand problème pour l’artiste en  général, c’est la difficulté  de toucher intégralement et équitablement ses droits d’auteur. Seuls les droits relatifs à mes pièces radiophoniques diffusées auraient pu constituer une vraie fortune, dans la mesure où elles sont diffusées dans l’espace francophonie et sûrement dans 47 pays d’Afrique et de Madagascar concernés par le Concours théâtral interafricain. Or quand le B.S.D.A me verse des droits, je ne perçois que ceux versés par l’O.R.T.S  et souvent pas tous. Je ne regrette pas d’être enseignant. C’est un métier difficile mais exaltant : il n’offre pas l’occasion de tricher mais, quand vous étés attentif, celle de dialogue avec l’avenir potentiel de votre pays. Et puis, c’est parce que je suis enseignant que je suis un  écrivain respectable, je crois, car je suis forcé de faire attention à  ce que j’écris sur le plan de la fforme comme sur celui du fond. Cependant il est certain qu’aujourd’hui, je souhaiterais avoir plus de liberté, c'est-à-dire moins de contrainte et plus de temps pour m’occuper comme cela se doit de ma carrière d’écrivain.

14-  Pour en penser quelque chose (la mort), il faut lui laisser le temps de montre le visage

15-  Parler de ma vie privée n’aiderait en rien mes lecteurs.

16-  Je ne saurais faire un meilleur choix. « Signare Anna » est une œuvre de grande facture. Le Grand Prix  des Lettres de cette année révèle une romancière qui n’a pas dit son dernier mot, encourage une maison d’édition qui s’affirme d’année en année et récompense le travail consciencieux d’un  directeur littérature rigoureux.   
    

             

Commentaires (57)

1. brianmonroe 08/10/2007

site très intéressant

2. maryama 21/10/2007

je viens d'acheter ce livre la collegienne mais il est hyper passionnant !!!!
les amours entre ouly et sn prof et tt et tt koi

3. marvin 31/12/2007

trop trop bien j ai eu ce que je voulais merci

4. toure 06/04/2008

marouba

5. ba 21/04/2008

je voudrai faire des recherches

6. toure 01/12/2009

quelle voie allez vous prendre pour justifier que le mouton ne peut brouter que là où il est attaché?

7. AÏda GUEYE 24/01/2010

je Suuuuuuuuuuuuuuuuuiiiiiiiiiiis émerveillée Non sérieusement vous écrivezz trooooop Biiiiennnnn même

j'espère vous rencontrer un de ces jours!!

Bonnne Continuation

8. mariama (site web) 28/01/2011

moi quant j'etais en classe de 4e je ne l'avais pas lu mais franchement je le trouve trs interaisant

9. MADAME BA (site web) 16/02/2012

C EST TRES INTERESSANT

10. madame ba (site web) 16/02/2012

c est tres interessant

11. saliou seydi 16/03/2012

merci beaucoup de votre oeuvre gégnale à lendroit de la jeune genration qui devrait par consequent y prendre exemple

12. papa arona diop 22/04/2012

vous avez raison avant de critiquer les gens essayez de vivre ces derniers vivent

13. BINETTE 06/06/2012

POUR MA PART J TROUVE CE ROMAN TRES IMPORTANT MAIS J N VOULAIS PAS QUE CECI TERMINE COMME CELA OULY A TOUT FAIT PUR K SN PROF L AIME J ACCEPTE QUE LE PROF L AIME MAIS COMME SI IL LUI CACHE C EST 1 ROMAN POUR LA PREMIERE FOIS J AI TROP AIME MERCI VOUS ETES 1 EXELENT ROMANCIER J VOUS ADMIRE DE TOUT COEUR MERCI ENCORE 1E FOIS

14. BINTA CHICHI FASHION 06/06/2012

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