Nouvelle parution : CHASSEUR D'ETERNITE. Le nouveau et quatrième recueil poétique de l’écrivain sénégalais Marouba FALL.

marouba-chasseur-deternite.jpg Vient de paraître à Ruba Éditions, en septembre 2012, le nouveau et quatrième recueil poétique de l’écrivain sénégalais Marouba FALL.

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Écrit sous le signe de l’air, un des quatre éléments, l’œuvre est intitulée CHASSEUR D’ÉTERNITÉ. Elle confirme les œuvres précédentes sur le plan de l’écriture mais marque, par rapport à elles, une rupture quant aux thèmes abordés qui, dans le second volet, indiquent  l’effort d’élévation spirituelle du poète selon qui « la poésie doit rapprocher l’homme de Dieu ».

 CHASSEUR D’ÉTERNITÉ.se développe en deux Souffles.

 Le premier : « Du van au vent », est un regard que l’auteur porte sur lui-même, sur la société et sur le monde. Il se compare à un oiseau blessé (p 17) dans un petit pays que mille partis politique se disputent (p 31) et dans un monde où on ne parvient plus à distinguer le Dictateur du Brigands (pp 27-30).

Il commence par un texte significatif sur la posture de l’homme dont l’engagement moral et intellectuel se manifeste de plus en plus par une action discrète mais tangible dans le milieu social où il a choisi de vivre, c'est-à-dire « parmi le peuple où  (sa) conscience a élu domicile », et par les contributions régulières qu’il rédige et que la presse nationale publie :

« J’ai grandi dans l’espoir de vaincre

la peur et le désir

pour bâtir mon souvenir

au cœur des consciences futures «  p 16

Il s’achève sur une sorte de viatique à la jeunesse, illustré par deux visages d’enfants :

« Mon enfant

n’écoute pas l’Égaré

qui prétend que l’Homme n’est rien

 

Tu as es un esprit et un corps

L’un t’élève vers le ciel

L’autre t’enracine à la terre

…………………………………………

si tu écoutes ton esprit

quand tu auras mon âge

tu seras un sage. » pp 35-39.

 

Le second Souffle du recueil poétique : « Entre Terre et Mère », est constitué par un ensemble de poèmes dont le contenu justifie sans nul doute le titre de l’œuvre, titre, du reste, annoncé dès CRI D’UN ASSOIFFÉ DE SOLEIL, premier texte poétique publié en 1984 aux Nouvelles Éditions Africaines.

En effet, le poète semble tourner le dos au monde des choses concrètes et des Vivants pour s’intéresser à celui du langage et s’annoncer à celui des Morts.

Ainsi la deuxième partie du recueil commence-t-elle par un poème étrange bâti sur un mot, pour ainsi dire, révélé au poète au cours d’un rêve :

« Hippocampe

quel est ton sens

pour que je t’invite au Cercle des Mots

avec qui je joue au scribe et au scrabble

De quel horizon descends-tu

Quel est ton clan ton camp

pour camper dans mon poème

 

Au cœur d’une nuit

ton cri m’a soulevé

Depuis il obsède mon ouïe » p 43

Une fois abordés les thèmes successifs de la foi, de la force du Verbe, du symbolisme assimilant la Femme à la Terre, de la solitude de l’être retourné à la terre ainsi que de la quête d’éternité,  le second Souffle s’achève sur un poème dédié à la ville sainte de Touba :

« Touba

quand viendra mon heure pour dormir

en dépit des intempéries

accueille-moi dans le lit édénique de ta glèbe bénie » p 65. 

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Il faut noter que le recueil s’ouvre par un avant-poème (pp 9-11)  intéressant pour deux aspects. D’abord une tentative de renouvellement du style car l’auteur, sur le ton et les mots d’une conversation orale, explique son projet poétique. Ensuite, il dessine le profil du Poète tel qu’il l’envisage et qu’il ne cesse de le rappeler depuis son premier recueil poétique :

« Chasseur

Je dis chercheur de lumière

de Feu

Car il s’agit encore de jouer au Voleur de  Feu

 

Oui dérober le Feu

l’attiser comme les talibés au Foyer de Maam Bamba

Dérober le Feu

Plus pour sa clarté que pour sa chaleur

Pourquoi pas pour sa double vertu

Sentir clair le secret des Écritures des xasayit 1

Avoir chaud à la chair pour garder la force féroce

qui fait la folie des foules à Fass

l’effervescence des Arènes à Fimla

Avoir chaud au sang pour que le  délire sur la Place Tahrir

 partout accouche du rire de la Liberté

 

Le Feu qui éclaire et réchauffe libère aussi

De la honte il a guéri l’enfant de Sidi Bouzid consumé à Ben Arous 2

 de la tyrannie délivré la Tunisie

et en Égypte de colère harcèle  l’Imposture en uniforme

 

Oui dérober le Feu pour l’Homme

Il faut que les chœurs des Cathédrales

les chœurs au cœur des Mosquées

le juchent au-dessus de sa vanité

 au-dessus du Vice

au-dessus du Ver

et illuminent sa mine de vermine

 

Dérober le Feu

Pour guider l’Homme

qui passe à gué une saison interminable

comme un long fleuve d’ignorance glaciale

 

À voler le Feu

On risque de se brûler les ailes

 

L’Artiste n’a que faire du zèle

dont abuse le saltimbanque

pareil au mangeur de feu

Car le Feu qui sauve est sacré

Seul le capture l’Inspiré. » pp 11-13.

1-       Poèmes de Serigne Touba , fondateur du mouridisme au Sénégal.

2-       Mouhamed BOUAZIZI, vendeur ambulant tunisien qui s’est immolé par le feu le 17 décembre 2010 et a rendu l’âme des suites de ses brûlures le 4 janvier 2011. Il est à l’origine des bouleversements survenus par la suite et connus sous l’appellation de «  printemps arabe »

CHASSEUR D’ÉTERNITÉ est disponible au prix de 2 500 F cfa, en librairie (Librairie Clairafrique Chambre de Commerce et Université de Dakar) et auprès du service commercial de Ruba Éditions, téléphone : 77 455 64 72 / 77 265 15 11 / E-mail : ruba.editions@gmail.com

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