CORPS D’EAU (nouvelle parution)

CORPS D’EAU
Poésie
en deux saisons

Ruba Editions

« Le Poète, c’est le vrai maître d’écriture qui est logé au coeur et entre les vers ou versets, dans chaque mot de son poème. Sans la Bible ou le Coran, quelle image le croyant aurait- il de Dieu le Créateur? Le Livre Saint est la Poésie Majeure qui nous enseigne Dieu. Tout poème enseigne son auteur… » (Marouba FALL) - LIS TES RATURES 1. Page 154

Une œuvre humaine n’est jamais achevée, Marouba. Seuls deviennent génies ceux qui, sous le poids de l’effort, accèdent au stade suprême de contempler la vaste imperfection du geste créateur de l’homme…. (Makhily GASSAMA) - LIS TES RATURES 2 (à paraître).

 

PREMIERE SAISON


CŒUR TARI
 

Pourquoi es- tu partie
ma part de toi en bandoulière

Comme la verte saison qui s’en va
entraînant la pluie
tu t’enfuis avec mon partage d’amour
que mon cœur réclame

 

 

 

Sur le chemin de tes pas
passe et repasse le balai du vent

Je pleure
et le sable de ton absence
boit  la pluie de mes yeux

Le vent  qui efface tes pas
aboie à la trahison
tandis que mes larmes
de ton souvenir
 à peine lavent ma mémoire

 

 

 

Toi
 mon choix
toi
ma foi
quel interdit avons- nous violé
pour que nos voies se séparent
et que nos rêves crèvent
comme des rires d’enfants au seuil du Nouvel An

Nous étions au Paradis
dans notre gîte caché comme un nid
tels Adam et Eve
au Jardin d’Eden

Sibédi la Femme- Serpent qui chasse le soir
voilée de fausseté
entre nous
a faufilé sa peau gluante d’huile de palme
et déversé sa salive vénéneuse
qui s’est répandue dans la fontaine de ton cœur

Maudite soit sa langue de lame lancinante
qui a divisé
ceux que l’Amour a unis

 Qui sert le Mal
un jour mal sera  servi.

 

(...)

Corps d'eau

EN GUISE DE POST- FACE
 ***

LETTRE A MAKHILY GASSAMA

Cher Makhily,
J’ai examiné avec la plus grande attention les observations et suggestions que tu as bien voulu faire, après lecture de mon nouveau manuscrit de poésie : CORPS D’EAU. J’en ai tenu compte. Je suis même retourné à Saint Louis du Sénégal pour vérifier sur place certains détails descriptifs. Ecrire, surtout écrire de la poésie comporte des risques. Ce n’est jamais gagné d’avance comme je peux le supposer quand j’ai fini de mettre la dernière main à un roman ou à une pièce de théâtre. En poésie, plus que le sens, c’est la sensation suscitée qui fait la différence. Un mot de trop, un adjectif peu approprié, un verbe banal ont vite fait d’ôter toute force à un vers, étant entendu que la force, ici, tient à la fois de l’idée et du sentiment exprimés, du rythme et des sonorités, plus exactement de l’interaction entre ces éléments associés pour créer une harmonie.
C’est en connaissance de cause que j’aborde, de plus en plus, avec beaucoup de circonspection ce genre littéraire où se sont illustrés les écrivains que j’aime : Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Césaire, Senghor sans oublier Sartre, Giraudoux et Camus qui ne sont pas, conventionnellement parlant, des poètes.
Avant de déposer chez un éditeur le texte définitif d’un nouvel ouvrage poétique, je recueille souvent l’avis de mes enfants qui sont étudiants, de professeurs ou de critiques littéraires de mes amis. Je le fais volontiers pour anticiper cette volonté de partage qui fonde implicitement l’écriture. Celle- ci, avant d’être un acte de création est un acte de communication. Pourquoi écrirai- je si je n’ai pas besoin d’être lu et entendu par un nombre important de mes contemporains ? Avant que mon livre m’échappe pour devenir propriété du public, j’ai le devoir de prendre toute précaution pour lui garantir le meilleur accueil possible. Une œuvre artistique est comme un nouveau- né qui passe entre les mains d’un médecin- pédiatre avant d’être rendu à sa mère et livré au monde.
Si chaque maison d’édition qui se respecte s’assure la collaboration d’un directeur littéraire vigilant et les services d’un comité de lecture exigeant, c’est pour éviter de proposer au public des livres sans lendemain.
De leur côté l’écrivain en général et le poète en particulier, avant de confier une nouvelle œuvre à un éditeur, peuvent humblement recueillir les remarques de personnes ayant un goût littéraire avéré.
En examinant les observations et suggestions que tu as mentionnées, je me suis rendu compte du  «  goût littéraire sûr » que le Poète- président Léopold Sédar SENGHOR dont tu fus un précieux Conseiller culturel, avait décelé en toi. A propos de l’auteur de LETTRES D’HIVERNAGE, je dois confesser que si, par endroits, quelques- uns de mes poèmes rappellent sa poétique, c’est le résultat de ce que Lucien LEMOINE considère comme un résidu d’une permanente imprégnation. Je n’imite pas SENGHOR. C’est le Poète que je continue de relire et dont je récite par cœur les textes. Peut- être écrirai- je, absolument libéré de tous mes poètes et écrivains préférés quand j’utiliserai pour de bon ma langue maternelle. La seule poésie en wolof qui m’envoûte est orale, elle était dans les histoires que me racontait mon défunt père, elle est dans les paroles de ma mère vieillissante.
Doyen, tu ne t’es pas contenté de formuler des appréciations ou des réserves. En fait, tu établis avec moi un échange tel que je le souhaite entre les auteurs et les critiques littéraires, un échange qui exclut l’indifférence ou la suspicion pour instaurer un climat de respect et de confiance réciproques. Si bien que, jouant le jeu jusqu’au bout, je suis tenté de te révéler les faits qui expliquent certains choix de mots ainsi que la différence de ton qui oppose les deux saisons qui composent le recueil que je dédie à mes enfants, à leur mère plutôt qu’à mon épouse et à celle que j’appelle Fa qui fleurit au bord du fleuve.
Comme je l’ai  déjà dit en d’autres occasions, ma poésie est mon lieu de confidence. CORPS D’EAU est un recueil que j’ai annoncé depuis longtemps, n’en possédant que le titre comme fil conducteur.  Deux femmes distinctes m’ont finalement fourni les thèmes qui servent de support à mon inspiration : la rupture ressentie comme un échec et la rencontre émoustillante. En effet, la femme de la première saison (Cœur tari) est celle qui s’est séparée de moi après m’avoir donné trois enfants adorés ; l’autre au centre de la seconde saison (Courrier du fleuve) est rencontrée tout à fait par hasard lors d’un séjour à Saint Louis du Sénégal.  Cette dernière, je dois l’avouer, a servi de déclic. Je savais qu’il fallait écrire et je me mettais à ma table de travail avec une pile de feuilles blanches. J’écrivais, je raturais puis je déchirais, n’arrivant pas à coucher sur le papier un seul vers satisfaisant. Un jour, à Saint Louis, une ancienne élève, rencontrée fortuitement, m’a présenté une fille d’une trentaine d’années, à l’occasion d’une cérémonie publique à laquelle je n’étais même pas invité. Dans la même journée, à trois occasions différentes, sans le prévoir, je me suis retrouvé nez à nez avec la même fille. Retourné à Dakar, je ne pouvais plus me retenir d’écrire et d’envoyer des poèmes à la jeune créature vers laquelle un amour tout à fait platonique me poussait.
Comme tu as pu le sentir – d’ailleurs tu n’as mentionné aucune observation -, C’est la seconde saison dont l’écriture a coulé sur la feuille vierge sans que je fournisse de réels efforts, sous la dictée de mon cœur, qui donne tout son sens à ce recueil qui compte, pour ainsi dire, une saison sèche et une saison sinon des pluies du moins d’eau.
Je souhaitais que tu rédiges une préface à mon œuvre. Tu m’écris : « Ton oeuvre est bonne. Elle est parfaitement capable de faire son chemin sans béquilles ». La raison de mon souhait, en réalité, est de permettre au lecteur et peut- être au jeune enseignant qui n’a pas confiance en son propre jugement de trouver facilement une porte d’entrée dans l’œuvre. Le texte introductif d’une personnalité de ton renom serait perçu comme un sésame. Car le problème que nous avons, nous autres écrivains sénégalais pour ne pas dire africains, au moment où dix sept pays du continent noir célèbrent le cinquantenaire de leur indépendance, c’est que notre succès  dans notre pays même dépend de ce que la critique occidentale pense de nos œuvres. L’un de mes combats inlassables et acharnés est de convaincre les professeurs et journalistes culturels de se mettre courageusement au service de la littérature nationale contemporaine, malgré les fâcheuses conséquences qu’entraîne inévitablement une analyse objective, rigoureuse, sans parti- pris dans une société où l’homme se confond bêtement à l’artiste. Dans le contexte de la mondialisation, je ne crois pas trop insister, notre littérature a besoin d’une critique écrite et agressive pour se situer avec précision, connaître ses acquis mais davantage ce qui lui manque pour être assez régulièrement présente au rendez- vous des Grands Prix internationaux et d’abord pour figurer en nombre et en bonne place dans les programmes d’enseignement du français.

Guédiawaye, le 19 avril 2010.

Commentaires (1)

1. Exanceincex (site web) 07/01/2013

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