VIOLENCE ET SOCIÉTÉ, AU SÉNÉGAL…

Tous les intervenants à la table-ronde organisée le mercredi 29 août 2012, à partir de 15 h 30, au Centre Lebret, par le Laboratoire de l’Imaginaire dirigée par le Professeur Ibrahima SOW, chercheur à l’IFAN Cheikh Anta Diop, à la demande du Colonel Moumar GUÈYE, membre de l’Association des Écrivains du Sénégal(AES), conviennent que le temps était court pour appréhender les problèmes posés par le sujet d’une brûlante actualité qui était à l’ordre du jour : « La République en danger entre violence civile et violence policière. »

Ayant pris le parti de répondre à l’invitation de participation pour apprendre des experts devant présenter des exposés, je n’ai pas eu le loisir de communiquer ma réflexion sur la question qui interpelle chacun et tous. À un double titre, je me sens concerné : citoyen et écrivain de prétention. C’est aussi, me semble-t-il, à ce second titre que Moumar GUÈYE a estimé devoir convier des représentants de l’intelligentsia nationale à un large débat sur la violence qui est en train d’ériger un mur d’incompréhension voire d’inimitié entre, d’un côté, les citoyens, et de l’autre, les agents de la force publique chargés de veiller sur la sécurité des premiers et sur celle de leurs biens.

L’intitulé a quelque peu intrigué les esprits pointus. En quoi la République est-elle impliquée dans le malentendu ? Quel danger court-elle, À quels niveaux ? Autant d’interrogations agitées puis évacuées par le modérateur, en l’occurrence le très perspicace Pape Massène SÈNE, Conseiller à la Primature en charge de la Culture et du Tourisme.

Pour entrer dans le vif du sujet, j’aimerais faire admettre qu’il existe une violence permanente, persistante, qui ronge lentement mais sûrement la République et dont nous sommes tous responsables ; c’est celle faite au temps dans ce pays où l’inconscience est poussée à un tel degré qu’une ‘’heure sénégalaise’’ y est instituée, ce qui fait dire à la jeune dramaturge Mariama Samba BALDÉ, auteur de la pièce de théâtre: Les murs, que « nous programmés pour être en retard. »
J’ai souvent voyagé mais je ne me souviens pas avoir séjourné dans un pays où les gens « tuent le temps » aussi délibérément et gratuitement qu’on le fait ici. Cela n’étonne donc personne si, pendant que les Grandes Puissances poursuivent leur conquête de l’espace, que les pays moyennement avancés se battent les flancs pour émerger davantage, notre pays et ceux qui lui ressemblent, s’ils ne marchent pas à reculons, s’enlisent dans un dénuement terrestre relatif ou tournent en rond.

« Tuer le temps » est une formule qui trahit une mentalité et une attitude que le gouvernement de rupture doit combattre avec courage et une énergie proportionnelle à la profondeur de la bêtise répandue comme une pandémie. En tout cas, le Nouveau Type de Sénégalais que la société renaissante réclame doit aller avec le temps pour impulser le développement durable. Ce n’est point un mot d’ordre que je lance mais une vieille maxime de nos pères que je réveille : Ànd ak jamono !

La violence perpétrée contre le temps qui est l’allié naturel de tout homme et de tout peuple voulant aller de l’avant n’a aucune commune mesure avec la violence que le genre humain a héritée de l’un de ses Ancêtres primordiaux, Caïn qui tua son frère Abel, devenant l’auteur du premier meurtre sur terre.

Née de la rivalité, de la jalousie et de ce que l’anthropologue français René GIRARD appelle le désir mimétique, la violence s’est propagée au fil des siècles, sous tous les cieux et sous moult formes, sous-tendue par l’instinct de conservation, la volonté de puissance et la soif de conquêtes, toutes postulations faisant de la bête humaine un redoutable prédateur contre l’espèce à soumettre par la force comme contre la nature dont elle entend être maître et possesseur grâce à la raison.

Les duels entre prétendants, les batailles entre tribus rivales, les invasions, les razzias et les guerres sont des manifestations de la violence dont l’histoire donne des illustrations précises et qui sont le fait d’individus isolés, de brigands ou d’individus constituée en bandes organisées, en armées, en royaumes, en empires ou en républiques.

La violence est inhérente à l’espèce humaine. Elle se manifeste en temps de paix, lorsque la société vit dans une parfaite cohésion de ses membres comme en temps de crise, lorsque l’équilibre social est perturbé de l’intérieur ou de l’extérieur. En temps d’équilibre, la violence qui existe dans un état latent fonctionne comme dérivatif protégeant la société de son éclatement entre les individus ou entre les groupes d’intérêts divers et divergents qui la constituent.

Le sport qui met en compétition - en réalité en confrontation - des individus ou des équipes est une forme institutionnalisée de canalisation de l’énergie de la jeunesse pour qu’elle ne déborde pas en violences incontrôlables dont la société serait victime. Et si elle est contenue dans ce cas, la violence se manifeste tout de même dans le langage autant que dans le comportement des sportifs au sein des stades et des arènes ainsi que dans les réactions de leurs supporters. Dans la Grèce antique, les combats de gladiateurs et en Espagne, la corrida, sont des manifestations à la fois ludiques et dramatiques qui opposent l’homme à son semblable ou l’homme à la bête pour faire de la lutte sans merci une sorte de rituel qui exorcise la société de l’instinct de mort qui sommeille en elle à travers les individus qu’elle rassemble.

Comme l’a souligné Alioune TINE, Secrétaire Général de la Rencontre Africaine pour les Droits de l’Homme (RADHO), la violence a toujours été présente dans la société. Pour empêcher sa propagation, sa contagion, certaines sociétés primitives ne se focalisaient point sur un coupable à punir. Le violent n’est-il pas plutôt un malade à soigner ? D’où contracte-t-il son mal sinon de la société ? Ce n’est donc pas l’individu qu’il importe de guérir mais toute la société par un rituel de guérison, comme ceux dont le Théâtre Rituel de la Camerounaise WEWERE-LIKING et de sa complice, d’origine française, Marie-José HOURANTIER donne d’édifiantes illustrations. Ce n’est pas par diversion que le psychologue-clinicien Serigne Mor MBAYE prescrit à la société sénégalaise – malade de ses contradictions que nous effleurerons plus bas - un ndëpp national.

Mais ce n’est pas parce qu’elle est inhérente à l’espèce ou qu’elle est largement tributaire de l’environnement social qu’on laissera la violence sévir sans tenter de la réguler, à défaut de pouvoir l’éradiquer. Doit-on, d’ailleurs, chercher à l’annihiler si l’on comprend qu’elle est une catharsis qui participe à la réalisation optimale de l’individu et de la société qui ne peuvent survivre en se dépassant hors du mouvement dynamique d’action et de réaction, de construction et de déconstruction, de mort-renaissance. La mer ne serait-elle pas une vaste étendue d’eau morte et salée sans le flux et le reflux qui l’anime ?

De toute évidence, ce n’est point la violence purificatrice qui préoccupe les organisateurs de la table-ronde mais celle qui survient lorsque le citoyen qui entend user des libertés que lui garantit la loi se trouve en face du policier et du gendarme qui ont la charge de maintenir l’ordre public. Dans ce cas, la violence est une conséquence déplorable engendrée par l’échec de la relation que le citoyen et les représentants de la force publique doivent entretenir. Autrement, ils collaboreraient pour, ensemble, contribuer à préserver l’équilibre sans lequel la société ne peut s’épanouir dans la stabilité. Si ces deux membres de la cité (citoyens civils et forces de l’ordre) ne s’entendent pas, éclate alors la violence de part et d’autre. Du côté des civils fusent les slogans provocateurs, les huées, les injures grossières ; ensuite s’en mêlent les jets de projectiles de toutes sortes. Du côté de la flicaille, ce sont des injonctions, des sommations, des coups de matraque, un arrosage à l’eau chaude ou des jets de bombes lacrymogènes. Presque jamais des coups de feu dans la foule de manifestants comme ce fut le cas, le 16 août 2012, en Afrique du Sud quand une trentaine de mineurs réclamant une hausse de salaires est tombée sous les balles d’une brigade anti-émeute.

Si j’ai bien compris l’exposé du Professeur Moussa SAMB qui s’est prononcé en juriste pur et dur, le problème de la violence se gère aisément s’il n’est pas abordé de façon abstraite à la manière des philosophes ou avec un parti-pris politique. Les textes de loi, et d’abord les articles de la Constitution, statuent sur la question assez clairement même s’il reste des frontières à indiquer. La violence est de toutes les façons proscrite et condamnée sans équivoque dans ses manifestations délictuelles. Voler tout court, voler avec des circonstances aggravantes (de nuit, en association, à main armée), violer, tuer, sont des agressions portant atteinte à l’intégrité physique de la personne ou à l’intégrité de ses biens. Les auteurs de telles ignominies sont passibles de peines graduées allant d’une sanction assortie de sursis à la peine capitale dans les pays où celle-ci est en vigueur malgré les protestations véhémentes et inlassables des militants des Droits de l’Homme. La peine capitale est sans doute la violence extrême que la loi peut autoriser contre l’auteur d’une violence répréhensible, comparée au passage à tabac, à la torture, à la garde à vue, à toute privation de liberté de mouvement et d’expression et autre sévices dont sont accusées à tort ou à raison les forces de l’ordre qui ont reçu mandat d’user de la violence dans le cadre de l’exercice de leur mission dans des circonstances précises prévues par la loi.

Le Sénégal, pays où la démocratie se porte plus ou moins bien, n’est pas tout à fait à l’abri d’un débordement de violence incontrôlée. Sans doute est-ce la raison qui justifie la tenue de la table-ronde qui a bénéficié de la participation active de gendarmes, de policiers, en présence d’un Conseiller à la Primature en charge de la Sécurité. En effet, il vaut mieux prévenir que guérir. Et le silence des intellectuels, dans un pays, est à craindre autant que l’agitation des foules revendicatrices. Dénoncer les bavures policières, bien sûr car Le manque de moyens de l’État n’excuse nullement le fait que des auxiliaires soient envoyés sur le terrain des opérations ! Mais souligner aussi de vive voix et au rouge partout où cela est nécessaire que la rue ne peut soumettre l’État à sa loi nulle part consignée. C’est dire que la lenteur des services de sécurité à agir dans les zones habitées où l’insécurité est réelle, et les fautes de policiers ou de-gendarmes inexpérimentés ne doivent pas être des prétextes pour que les populations se constituent en milices pour se faire justice elles-mêmes.

À ce niveau de la réflexion, il est utile de revenir sur le sujet de la table-ronde pour saisir le sens de la formule « violence civile ». L’épithète renvoie-t-elle aux citoyens agissant de manière informelle mais concertée devant certaines situations jugées iniques ou bien aux citoyens agissant suivant un mot d’ordre déterminé dans le cadre d’une structure organisée : Organisation Non Gouvernementale, Organisation Nationale des Droits Humains, Société Civile etc… ?

Ni le citoyen pris isolément ni une association de citoyens reconnue n’ont le droit d’exercer la violence, quels qu’en soient la forme et le motif. La violence, telle que la loi la conçoit, est un moyen de dissuasion ou de contrainte dont use la force publique pour garantir la sécurité des personnes et des biens, maintenir l’ordre public. Dans certains quartiers, notamment ceux de la profonde banlieue, des brigades de vigilance contre les voleurs et autres malfaiteurs sont créées Mais elles doivent agir sous le contrôle des commissariats de police de proximité, avec l’aval des Délégués de quartier. La légitime défense n’est pas l’autodéfense. En cas d’agression flagrante, l’individu et le groupe se défendent avec des moyens susceptibles de tenir en échec l’agresseur mais il reste clair que la défense donc la sécurité des individus et des groupes constitués ainsi que celle de leurs biens, dans une République, relèvent de la force publique qui a pouvoir d’agir légalement.

La période écoulée avant, pendant et après les élections présidentielles de 2012, est jalonnée d’évènements qui ont beaucoup enrichi l’expérience des observateurs de la vie politique au Sénégal, en matière de violence venant des civils d’une part et des forces de l’ordre d’autre part. Nous avons vu un Député de la République s’enchaîner aux grilles de l’Assemblée Nationale, un individu s’immoler par le feu à un pas du Palais de la République, un Maire ouvrir le feu sur une bande menaçante de ses adversaires politiques. Pourtant personne ne s’est attaqué délibérément aux forces de l’ordre, si l’on tient pour un fâcheux accident le lynchage d’un auxiliaire de police isolé, à Colobane. Ainsi le 23 juin 2011 est-il une date-repère dans l’évolution de la citoyenneté sénégalaise. Le peuple uni et solidaire s’est spontanément mué en une force implacable de résistance face à l’arbitraire d’un régime cherchant à faire valider par le Parlement un coup de force qui aurait été fatale à la démocratie. Sans violence destructrice ni sanglante mais avec détermination, le peuple a manifesté le ras-le-bol auparavant incarné par le Mouvement Y’EN A MARRE, derrière l’avertissement sans nuance des pancartes et des banderoles : TOUCHE PAS MA CONSTITUTION !

Jusqu’ici, rien n’explique objectivement pourquoi ceux qui se sont retrouvés, le 23 juin, devant l’Assemblée Nationale pour protéger la Constitution sont quasiment les mêmes à investir la Place de l’Obélisque et celle de l’Indépendance avant le jour de l’élection présidentielle pour demander le départ du Président sortant et crier ouvertement leur défiance contre le Conseil Constitutionnel qui ne s’était pas encore prononcé sur les candidatures aux consultations.

Au Sénégal, le pilotage à vue des dirigeants (par le passé) et l’activisme de certains mouvements citoyens qui bougent suivant les situations créées et non suivant un plan d’action (car les crises sociales et politiques sont prévisibles), donnent une impression de tâtonnement généralisé dont les effets sont les embardées qui ressemblent à des avancées puis certaines restrictions qui plombent ou tirent par derrière le système démocratique. De ce fait, le climat socio -politique ambiant est, ici, le paradoxe. Ne pas savoir précisément où va la République crée un malaise qui se reflète forcément dans le comportement des citoyens et les actions des organisations citoyennes de veille et d’alerte qui ont du mal à tenir les informations permettant de proposer un état des lieux fiables , état des lieux indispensable pour faire de la prospective.

Ouvert au multipartisme modéré depuis 1974, grâce à la clairvoyance de Léopold Sédar SENGHOR, au multipartisme sauvage, avec l’avènement d’Abdou DIOUF en 1981, jouissant d’une explosion médiatique sans précédent matérialisant le souci du Président Abdoulaye WADE d’offrir un champ assez large à la liberté d’expression ; doté d’un fichier électoral performant quoique perfectible, avant 2000 ; ayant institué le passage obligatoire à l’isoloir lors des élections, dès1993, le Sénégal devait être à la tête des pays démocratiques, en Afrique de l’Ouest. Pourtant, même si on continue de le citer comme un modèle, son système politique souffre d’une décentralisation administrative, sanitaire et éducationnelle tout juste passable ; d’une gestion tendancieuse des ressources humaines, d’une exploitation irrationnelle des ressources matérielles ; de la corruption, et, pour emprunter l’expression à Alioune TINE, de la « prolétarisation des intellectuels. » végétant à côté de politiciens sans qualification professionnelle que leur seule charge élective enrichit illicitement ou trop rapidement.

Tous ces dysfonctionnements sont sources de violence. En effet, l’ignorance, le chômage endémique, la pauvreté, la précarité d’existence à laquelle expose un bon nombre d’emplois à risques avérés, la marginalisation des banlieues où sévissent délestages et inondations, exacerbent les frustrations de citoyens qui se considèrent comme les laissés pour compte de la République. Les agitations connues, il y a quelques mois auparavant, sous l’appellation d’« émeutes de l’électricité » sont engendrées par de telles frustrations. Partout ailleurs, dans le monde, les mêmes causes produisent les mêmes effets. On se rappelle sûrement que la flambée des banlieues françaises, en 2005, partie de Clichy-Siu6Bois, a eu pour cause le harcèlement des policiers contre les jeunes Français issus de l’immigration subie. Cependant les violences des populations ou des segments de la société qui sont perçues comme des ripostes ‘’légitimes’’ à des injustices et qui consistent à obstruer la circulation sur les grandes voies, à incendier des pneus, à saccager les abris-bus, à s’attaquer aux biens publics, souvent même aux biens privés, ne sont guère tolérables dans une République où tout se règle dans la concertation, le dialogue, le consensus, à la lumière des lois et règlements en vigueur. Nous ne devons jamais oublier, qu’en 1962, quand Senghor et Mamadou DIA ne s’entendaient plus, c’est en se conformant aux dispositions de la Constitution que le Chef d’État- Major de l’Armée Jean- Alfred DIALLO, choisissant le camp de la Loi, a empêché le Sénégal de basculer dans le gouffre.

La chance de ce pays de refus et de dialogue, d’honneur et de compromis, de foi et de raison- toutes vertus qui libèrent et tempèrent, tout à la fois, l’énergie des forces vives- est que ses gens d’armes sont aussi des hommes et des femmes de cœur et de mesure, issus d’une culture qui exclut les divisions et prône la concertation : waxtaan ba juboo ! Discuter afin de s’entendre ! Reeroo amul, ñakk a waxtaan a am ! La source du malentendu, c’est l’absence de concertation !
En outre, parce qu’ils sont formés à bonne école, nos militaires, nos gendarmes et nos policiers, parmi lesquels on dénombre des diplômés de l’Enseignement Supérieur, des chercheurs et des écrivains, n’ont pas la gâchette facile sinon le beau pays de Ndiadiane NDIAYE et de Kocc Barma Faal aurait digéré depuis belle lurette, comme ses voisins, son plat de gâchis ! La dispute du pouvoir politique va de pair avec une violence dont les conséquences sont toujours fatales à l’unité et à la stabilité d’un pays. L’attentat contre SENGHOR, un jour de Tabaski ; la condamnation à mort de Moustapha LÔ, l’assassinat de Demba DIOP, celui de Me Babacar SÈYE, les coups de marteau auxquels Talla SYLLA a survécu, l’invasion de locaux de groupes de presse et la destruction de matériels de radio et de télévision, l’arrestation et l’emprisonnement arbitraires de chefs de partis, sont autant d’actes, parmi beaucoup d’autres, semés tout au long de l’histoire politique du Sénégal depuis son indépendance. Ils auraient pu plonger ce pays dans un abîme d’où il ne pourrait plus sortir. Mais des médiateurs ont proféré des paroles d’eau fraîche, les adversaires ont pris langue, ont accepté de s’asseoir autour d’une table et, finalement, ont convenu de préserver le trésor commun : la patrie dont l’intérêt passe avant celui des partis.

Pour conclure, retenons que la violence dans la société engage la responsabilité de tous et de chacun, davantage celle de l’État dont la politique de sécurité ne peut être efficace que lorsqu’elle s’accompagne d’une politique visant à réduire les disparités entre nantis et nécessiteux, à satisfaire, autant que les ressources disponibles le permettent, l’attente des populations vulnérables, attente relative à leurs besoins de couverture sanitaire, d’électricité, de protection contre les inondations, de baisse du prix les denrées de première nécessité.

En dernière analyse, ce qui oppose les citoyens ou les militants de la Société Civile aux agents chargés de maintenir l’ordre public est une frontière à ne pas franchir d’un côté comme de l’autre, et qui est allègrement enjambée de part et d’autre, en temps de crise, lorsqu’il est difficile de contrôler les nerfs. Quand survient ce débordement inéluctable dans une société où leurs intérêts dressent les citoyens entre eux-mêmes, les dressent contre l’État qui ne peut remplacer le Bon Dieu, il est salutaire d’entendre et d’écouter les voix des colombes dont doivent se faire l’écho, à l’unanimité, la presse écrite et audiovisuelle, publique et privée, car la paix n’a pas de prix, la paix durable sans laquelle le développement est impossible.


Guédiawaye, le 02 septembre 2012

Par
Marouba FALL
E-mail : marouba_fall@yahoo.fr

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×