Décentralisation culturelle, collectivités locales et promotion du livre

 

Décentralisation culturelle, collectivités locales et promotion du livre


Pour revenir au sujet, force est d’admettre qu’un partenariat entre les communautés éducatives et artistiques d’une part et les collectivités locales d’autre part est urgent.

Ce partenariat doit reposer sur des préalables précis : - L’inscription, si ce n’est pas fait, dans la nomenclature budgétaire des collectivités locales d’une rubrique réservée à l’appui à la culture et à l’éducation qui sont des compétences transférées.

- L’Adjoint ou le Conseiller, ayant en charge la culture, doit avoir les aptitudes requises ou collaborer avec les acteurs culturels pour impulser une bonne animation culturelle de la localité.

- L’organisation des acteurs culturels en une Association bien structurée et dynamique.

- La promotion d’une gestion démocratique et participative des affaires culturelles en faisant appel à tous les acteurs culturels disponibles, sans parti pris politique car la Culture, l’Art et les Lettres ne sont d’aucun parti.

Il est évident que toutes ces conditions sont loin d’être réunies. C’est pourquoi, au niveau local, la culture n’existe que sous la forme de folklore agrémentant les meetings d’animation, de simulacres de kermesses, organisées par les Associations sportives et culturelles ou bien de Carnavals et autres Journées culturelles dont l’organisation est confiée à des collaborateurs d’élus locaux, inexperts en la matière.

En dehors de la musique, c’est le sport, du reste, réduit au football, qui bénéficie des bonnes grâces des élus locaux. Dans la ville de Guédiawaye où j’ai élu domicile, le Guédiawaye football club(Gfc) capte toute l’attention de la Mairie de Ville. Le projet ‘Banlieue Rythme’, conçu pour contribuer à l’expression des artistes représentant les habitants des zones périphériques, tourne de plus en plus le dos à la banlieue si on examine l’orientation prise par les initiateurs ainsi que l’extraction des acteurs animant cette fête concentrée au stade Amadou Barry et dont les populations locales n’ont que de vagues échos.

Pour revenir aux conditions d’une bonne décentralisation culturelle, soulignons qu’il est nécessaire que les élus locaux aient un niveau d’instruction acceptable pour assumer valablement un statut de partenaires fiables et efficaces pour la promotion du livre et de la lecture. Il semble qu’en 2009, à l’issue des élections locales, ne seront éligibles à la tête des collectivités locales que des citoyens ayant au minimum le baccalauréat, plus deux années d’Université. Dans cette perspective, le report des prochaines consultations municipales est une bonne chose car, en l’état actuel de la situation, les intellectuels, les étudiants, les élèves ainsi que les acteurs culturels n’ont pas d’interlocuteurs avisés, attentifs et motivés au niveau de certains Conseils régionaux, Communautés rurales et Mairies où ils se heurtent à une incompréhension totale, à du mépris ou plus ridiculement à de la méfiance.

Si la volonté politique de promouvoir la décentralisation culturelle est réelle, des pistes praticables existent. En voici quelques-unes : La création d’un service municipal en charge des affaires socio-culturelles. Durant son mandat de Maire de Fort-de-France, le défunt poète martiniquais, Aimé Césaire, avait créé un Service municipal d’action culturelle (Sermac). La mise en place d’une Bibliothèque municipale.

- La création et l’équipement d’une bibliothèque dans chaque quartier. L’impulsion et l’appui à l’organisation d’Ateliers de lecture et d’écriture à l’intention des élèves et étudiants. L’appui à l’organisation de cycles de conférences et de tables-rondes dans les établissements scolaires, les Cdeps, les Clac et les Espaces-Jeunes.

L’institution de Journées culturelles avec des activités - phare mettant en exergue la spécificité et mettant au devant les acteurs et créateurs culturels de la localité.

*(Fin) Marouba FALL

Professeur de Lettres Modernes

Conseiller Technique en charge des Affaires socio- culturelles du Ministère de l’Enseignement Secondaire, des Centres Universitaires Régionaux et des Universités. 

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 Le Soleil : http://www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=41760

Fête du Livre à Saint-Louis : Un partenariat Nord Sud pour la promotion de la lecture
 

 

La cérémonie d’ouverture de la Fête du Livre a été effectuée hier à la place Faidherbe, en présence des autorités administratives, des acteurs culturels et des populations. Abou Mbow, Directeur du livre et de la lecture, représentant le ministre de la Culture, du Patrimoine historique classé, des Langues nationales et de la Francophonie a exprimé le souhait du ministère de voir cette fête se multiplier dans les autres régions du Sénégal.

Moment d’échanges, de partage d’expériences entre les professionnel du Sénégal ceux du monde entier, pour la promotion du livre et de la lecture au Sénégal, la Fête du Livre ouverte hier a mobilisé les populations de Saint Louis. Cette manifestation a été l’occasion d’exprimer la diversité culturelle dans le contexte de la mondialisation. Dans son allocution, Abou Mbow, directeur du livre et de la lecture, a mis en exergue l’intérêt de cette manifestation tout en soulignant l’importance du livre.

Le directeur du Livre a salué le partenariat Nord- Sud et le projet commun sur la promotion du livre et de la littérature qui est à l’origine de cette Fête du Livre. Une cinquantaine de personnes y participent, venant notamment de Madagascar et de la Réunion. Il a par ailleurs félicité les membres du Cercle des écrivains et poètes de Saint Louis, notamment Alioune Badara Coulibaly, le président du comité scientifique, pour leur belle initiative. « Elle s’inscrit en droite ligne de la préoccupation du chef de l’Etat en matière de promotion du livre et de la lecture dans notre pays » a dit Abou Mbow en révélant au passage que le souhait du ministre est que dans toutes les régions du Sénégal, que les talents littéraires puissent se réunir, s’organiser et puissent avoir leurs fêtes du Livre. Au colloque sur le livre, le philosophe et écrivain Mamadou Abdoulaye Ndiaye a développé une communication portant sur le Livre, vecteur de la culture démocratique. Il a démontré l’intérêt du livre qui met le savoir à la disposition du plus grand nombre, tout en soulignant l’importance de la promotion des langues nationales afin de permettre aux populations et aux couches les plus profondes de participer aux débats intellectuels et politiques. Pour sa part, Marouba Fall a posé le problème du partenariat incontournable que les promoteurs du livre doivent avoir avec les acteurs locaux, dans le cadre des compétences transférées concernant également la décentralisation culturelle.

Cette 1ère édition de la fête du livre est une rencontre du donner et du recevoir. Elle offre à travers les expositions, les ateliers, les différentes animations plus de visibilité au monde du livre. Il permet au-delà de nos frontières, de vendre les productions aussi variées que nombreuses, de stimuler de nouvelles productions, de susciter des vocations, en un mot, de capitaliser cette rencontre pour asseoir une vraie culture du livre. Cette fête du livre sera marquée par la remise demain samedi, des prix Malick Fall du meilleur roman et Sembène Ousmane des arts.

 

Samba Oumar Fall

Commentaires (1)

1. name (site web) 18/06/2010

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