Les marchands de mensonges et de mort



Les marchands de mensonges et de mort
Savent-ils ton prix
 Toi le doigt levé
Des présences blanches et noires occultées
Le poing fermé et le cri de ralliement
Du continent dépecé
Distribué à la boulimie des Nantis
Toi qui rêvais d’unir Tripoli à Djibouti
Le Berbère au Bambara
Le Bédouin  au berger peul

Tu n’es pas une bête de proie
Que traquent la meute servile
Et la vindicte des voleurs d’or et de pétrole

En vain te cherchent-ils

Trop étroite la retraite des caves
Trop fragile un repaire de pierre ou d’argile
Pour toi
Force argile faufilée
Au creux des consciences rebelles
Car tu es le défi
Des races que leur histoire pourchasse
Sans effacer leurs traces
La relève des Martyrs
Porteurs du relais fatidique
Que se passent
D’esclavage en esclavage
De révolte en révolte
De colonisation en colonisation
De résistance en résistance
D’occupation en occupation
D’attentat en attentat
Les Assoiffés de soleil
Et les Chasseurs d’éternité

En vain te cherchent-ils

Au lieu de l’Afrique divisée
 Lasse de courber l’échine
L’Afrique que la leçon de Madiba
Maintient debout
A toi qui refuses de plier le genou
Je t’offre l’asile
L’asile de mon poème
Tombé en cette Nuit de la Destinée
Mon poème vaste comme le Maghreb
Que le Printemps brutal réveille
Je t’offre l’asile
Comme aux fils de Palestine

Comme aux âmes qu’on piétine
Dans les pays de corruption et de tyrannie

Déjà coule en moi ta fougue
Et mon sang-froid
Au bruit de houle de mon cœur
Bouillonne

Je n’aime point les Dictateurs
Mais en vérité qui sont-ils

Voici revenir Septembre
Quand la Nature rétablit les équilibres
C’est le temps où celui qui gifle
Est giflé à son tour
C’est le temps des ouragans
Que n’arrête nulle arme
Que ne dissuade  nulle  armée
C’est le temps où le Nord tout puissant
Boit son triomphe
Comme une coupe amère

Pour les Nations que leur force enivre
Prions
Que de colère la mer
Sur les plages ne vomisse tout son sel

Que le désert en représailles
Ne soulève tout son sable à l’assaut des gratte-ciel
Qu’aucun fou de Dieu
Ne détourne un avion
Ni pose une bombe
Ni arrose de sang
Les jardins où rosissent des rêves d’enfants.


Guédiawaye, Nuit du 25 à nuit du 27 août 2011.

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