L’Art est la conscience tranquille d’un peuple

La troupe « Mbayé Trambwé »

Troupe comorienne au Sénégal

Présente

L’Afrique dans la main du Diable

de Nadjiloudine Abdelfatah,

sous le parrainage de Marouba FALL

Samedi 30 Août 2008, à 19 heures

A la Maison de la Culture Douta Seck

 

 

DISCOURS DU PARRAIN

 

 

 

  L’Art est la conscience tranquille d’un peuple

 

Avant toute chose, je dois dire combien l’honneur que vous me faîtes ce soir me touche. Je ne parle pas de moi, l’enseignant de formation qui adhère entièrement à la thèse  du président- poète et chantre de la négritude selon laquelle la culture est au début et à la fin du développement, moi que l’ami et grand poète Amadou Lamine SALL considère comme un « opérateur culturel ». Je parle de moi, l’écrivain, singulièrement du dramaturge que je souhaite devenir.

Me choisir comme Parrain de votre spectacle relève d’un sacré toupet, d’un certain goût à la provocation. Je n’ai pas très bonne presse, vous ne l’ignorez pas. Car je refuse d’être dans un clan, dans un camp si ce n’est celui de l’Ecriture sans compromis ni compromission, l’Ecriture qui, même si elle ne se nourrit pas d’elle- même, n’a de valeur que par elle- même. Ni les éloges d’un Chef d’Etat ni le tapage médiatique ne créent l’Ecrivain. D’ailleurs, quand la postérité oubliera les hommes de pouvoir qui n’auront ni la stature du Général De Gaulle ou de John F. Kennedy ni l’aura de Léopold Sédar Senghor ni la combativité de Nelson Mandela, elle retiendra pour longtemps les noms des artistes qui n’auront pas menti à l’Art.

L’Art est la conscience tranquille d’un peuple. Seul l’homme libre peut le pratiquer sans le corrompre. S’il est corrompu, du reste, il bascule dans la fosse perdue de l’artisanat circonstanciel et vénal.

Sans doute est- ce parce que vous comprenez déjà cela que vous m’avez choisi, sachant que je n’ai rien à vous apporter sinon ma grande passion pour le théâtre, cet art collectif destiné à la collectivité, à mi- chemin entre la littérature et le spectacle ;cet art qui, en Afrique noire, est une synthèse des arts majeurs que sont la poésie, le chant,la danse et la musique mais dont la force mobilisatrice, en tant que puissant moyen de communication, est de plus en plus gaspillée dans des cérémonies folkloriques qui dévalorisent le comédien qui passe pour un grossier amuseur public.

Je voudrais signaler à la troupe « Mbayé Trambwé » que l’espace théâtral sénégalais est ouvert. Elle trouvera une bonne place parmi les troupes indépendantes qui se produisent grâce au soutien de l’Etat et d’organismes culturels mais surtout grâce à l’engouement réel des citoyens de bonne volonté pour le théâtre.

Le Sénégal, terre de dialogue et d’ouverture, fait partie des premiers pays à ratifier la Convention de l’UNESCO pour la Diversité culturelle. C’est pourquoi une troupe de jeunes Comoriens peut être rassurée quant à l’accueil du public et des responsables culturels. En outre, le contexte dans lequel est née cette troupe est favorable. En effet, le département de la Culture est sous l’autorité d’un Ministre qui a longtemps frayé avec les artistes, écrivains et musiciens. Les Arts et Lettres n’ont, jusqu’ici, eu un Protecteur aussi attentif, aussi vigilant, aussi disponible et aussi ambitieux que le Président de la République, Me Abdoulaye WADE.

Le contexte est favorable, ai- je dit. Mais soyez opportunistes dans le bon sens. Ne profitez pas de la situation pour vous servir de l’Art. Enrichissez- vous et enrichissez les autres de ce que vous apporterez à l’Art.

Je souhaite une grande réussite à Madjiloudine Abdelfatah, mon jeune confrère et l’exhorte à chercher la performance, en empruntant à Charles Baudelaire ces mots :«  l’Art est long et le temps est court. »

Je ne pourrai achever mon allocution sans renouveler mon amitié et mon estime au jeune Dian DIALLO, expert dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication,  qui a créé mon beau site web et qui grandit à l’ombre des écrivains de bonne renommée. Dian est sans aucun doute, du fait de son compagnonnage avec les membres de la troupe « Mbayé Trambwé », je lui en suis reconnaissant, à l’origine du grand honneur qui m’est fait,  ce soir,  d’assister,  en qualité de Parrain, à la représentation d’une pièce de théâtre traitant un sujet d’une brûlante actualité : l’émigration clandestine.

L’Afrique dans la main du Diable est écrite par un jeune auteur qui a du talent à revendre. Contre toute attente de ma part, elle est admirablement mise en scène par une petite demoiselle au grand savoir- faire : Madi Baco Yasmine.

Avant de découvrir pour l’apprécier le travail de la troupe comorienne au Sénégal, je voudrais offrir au public, en guise d’illustration de l’expression de la diversité culturelle, la prestation d’une femme du peuple, habitant la banlieue, précisément le quartier Parc à Guédiawaye. Elle est griote, maîtresse de la parole et manie la langue de Kocc Barma avec un art consommé. Elle est une talentueuse taasukat méconnue. Pour l’information de ceux qui ne sont pas wolof, le taasu est une forme de chant où le texte est proféré dans un rythmé saccadé et percutant. D’aucuns avancent que le taasu est le précurseur du rap.

La taasukat de ce soir s’appelle Marième NDIAYE.  Découvrez- la.

 

Marouba FALL

Professeur de Lettres Modernes

Commentaires (1)

1. lace wigs (site web) 21/07/2010

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